Interview de Tag Warner, du Gay Times : « je pense que l’avenir des médias passera par la contribution du public »

Le système d'adhésion du magazine a pour objectif de rapprocher son lectorat international et multiculturel tout en développant une nouvelle source de revenus pour produire du contenu original

Une sélection de couvertures récentes du GayTimes

Le magazine GAY TIMES, vétéran du journalisme LGBTQ+, a vu dans la crise le moment idéal pour renforcer ses relations avec ses lecteurs tout en développant une nouvelle source de revenus. Ce qui a donné naissance à GayTimes+, la nouvelle offre d'adhésion du magazine qui combine les abonnements à l’édition papier avec de nouvelles contreparties pour les membres, pensées pour eux.

Comment avez-vous préparé votre système d'adhésion, GayTimes+ ? Quelles en ont été les principales étapes ?

Le but principal derrière notre nouvelle offre d’abonnement c’était d'avoir un lien plus étroit avec notre public. Nous voulions également investir davantage dans le contenu. Nous avons pensé qu’un système d’adhésion serait le bon outil pour cela parce qu’il nous permettrait d’entretenir notre relation avec les membres les plus passionnés de notre audience, ceux qui voulaient se sentir plus proches de Gay Times. Nous avons maintenant un canal de communication avec eux grâce à Steady : nous pouvons leur parler, leur demander leur avis et ils peuvent nous dire ce qu'ils apprécient et ce qu'ils n'apprécient pas.

Nous voulions aussi trouver un moyen de financer notre contenu de la même façon que nous voulions le créer. Comme pour la plupart des médias en 2020, le financement est incroyablement difficile. Mais le système par abonnement, par adhésion en particulier, était pour nous un moyen essentiel de générer des revenus qui seraient tous réinvestis dans le contenu, sans sponsor. Non qu’il soit mal de travailler avec un sponsor. Certaines de nos meilleures productions sont réalisées avec nos sponsors partenaires, mais évidemment un sponsor est toujours partie prenante.

Tag Warner, P-DG du Gay Times.

Pour être tout à fait honnête, on pourrait dire que notre système d'adhésion a été lancé par le Coronavirus. Dès que l'impact du Covid-19 a commencé à se faire sentir, et que nous avons compris que cela n'allait pas durer simplement quelques semaines, nous avons voulu établir une relation numérique plus étroite avec nos membres sur une plateforme mondiale. Nous nous appuyions sur des anciens logiciels anglais et américains mais nous voulions les ouvrir à notre public international.

En tant que magazine papier et numérique, vous avez dû gérer à la fois des abonnements et des adhésions. Pouvez-vous nous parler de votre stratégie, de son fonctionnement et de la manière dont vous l'avez relayée auprès votre communauté ?

Nous avions l'impression que le fait d'avoir un produit basé sur l'abonnement et un produit basé sur l'adhésion allait être trop confus, car l'une de nos formules d'adhésion inclut le produit imprimé.

Nous avons travaillé très dur pour regrouper tous nos abonnés existants dans GayTimes+. Il s'agissait d'un énorme travail de communication et d'un énorme changement d'infrastructure informatique. Nous avons réussi à faire passer environ 98 % de nos abonnés à un abonnement à GayTimes+.

Le conseil que je donnerais à quiconque se lance dans ce type d'opération serait de rester simple pour le client. Si vous vous aliénez votre clientèle ou votre base d'abonnés, il est très difficile de les faire revenir, surtout s'ils vous ont été fidèles au fil des ans.

Une sélection d'articles sur gaytimes.co.uk.

Quelles contreparties offrez-vous à vos membres contributeurs ?

Nos avantages sont regroupés en trois domaines distincts. Le premier est le Best of Gay Times. Cela vous permet de recevoir la publication imprimée à votre porte, partout dans le monde, frais de port inclus : ce que nos membres nous ont dit vouloir absolument. Vous pouvez également lire l'édition numérique via notre propre application. Et nous prévoyons également un avantage très intéressant à venir, qui vous permettra de lire Gay Times magazine dans Apple News+ dans le cadre de votre adhésion à GayTimes+, sans frais supplémentaires. Nous envoyons également des newsletters sur l'ensemble de notre contenu numérique en ligne, qui sont toutes précédées d'une note de la rédaction. Là encore, c'est pour aider les membres à se sentir un peu plus proches de l'équipe.

La deuxième série de contreparties ce sont les événements, qui permettent de rencontrer en direct les personnes qui font vivre notre communauté. Il s'agit de streams bimensuels en direct, mais que vous pouvez aussi bien sûr regarder plus tard. Cela a été très bien accueilli jusqu’à présent. Après le Covid, ces événements se feront certainement en chair et en os mais ils seront toujours filmés pour que tout le monde puisse en profiter.

Le troisième type de contreparties est ce qui nous enthousiasme le plus pour GayTimes+, et il s'agit de contenu original que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Nous démarrons avec des podcasts et, au lieu de contenu bonus, tous nos podcasts seront des formats originaux avec des visages familiers de notre communauté, tous issus de l'univers GayTimes+. Nous encourageons vraiment les gens à devenir membres et à commencer à en profiter. À l'avenir, nous aimerions que cela se développe sur d'autres plateformes de contenu.

Les deux formules d'adhésion de GayTimes+.

Quels ont été les retours sur GayTimes+ de la part de votre communauté sur jusqu'à présent ?

Les réactions ont été très positives. Je vais être honnête, les deux premiers mois ont été difficiles car nous devions gérer plusieurs systèmes d'abonnement existants, qui provenaient de trois plates-formes différentes : l'un via une application, l'autre via un système d'abonnement existant qui fonctionnait encore avec des chèques ! Et puis un autre système via notre propre site web qui traitait les paiements par carte de crédit, et nous voulions consolider tout cela. C'était une tâche énorme. Au début, les réactions ont surtout consisté à faire comprendre aux gens comment ils pouvaient accéder à GayTimes+ et en quoi consistaient les différentes options.

Depuis, nous avons eu un retour constant de la part des membres, qui a été excellent. Cela nous a permis de cibler nos efforts et de nous concentrer sur ce qu'ils veulent. Nous produisons pour nos membres, qui sont un peu les actionnaires de GayTimes+, et faisons de notre mieux pour répondre à leurs attentes. Notamment, ils nous ont dit souhaiter un contenu plus original et adapté à leurs besoins, et c'est là que nous investissons le plus.

Comment trouvez-vous l'utilisation de Steady jusqu'à maintenant ?

Je pense que Steady est une très bonne plateforme si vous recherchez un outil unique, professionnel et bien conçu pour construire un système d’adhésion.

Je ne saurais trop vous le recommander, si vous faites partie des créateurs qui ne disposent pas d’une grande équipe ni de gens qui peuvent s’en occuper à plein temps. Nous utilisons le meilleur de Steady- les paiements et le système de gestion d'adhésion - pour ensuite créer et valoriser notre contenu.

En tant que publication qui s'efforce de combler un déficit de représentation, que signifie pour vous le fait que vos lecteurs soient aussi ceux qui vous financent ?

Je pense personnellement que c'est la voie à suivre pour les médias. Quand on regarde le paysage des revenus publicitaires numériques, autrefois considérés comme une sorte de poule aux œufs d'or des médias et qu'on voit qu'ils se désintègrent sous nos pieds, quand on observe un monde où la publicité imprimée a presque complètement cessé, on s'aperçoit que le contenu publicitaire subit une grande pression. A mon sens, la voie à suivre pour nous est celle d’un modèle où les lecteurs contribuent, et nous sommes impatients de le développer.

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