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[Article du Passé] Henri Durville - Les Esprits qui Rodent [1938]

Bonsoir à tous

Pour ce soir nous vous partageons un article d'Henri Durville intitulé Les Esprits qui Rodent, qui fut publié dans la revue Les Forces spirituelles pour la protection et la guérison en 1938.

Ici commence l'article :

"Les innombrables personnes qui suivent les faits matériels d’un regard distrait, sans chercher à comprendre ce qui tombe sous leurs sens voient les phénomènes singuliers qui se présentent trop souvent, et d’une manière catastrophique, sans se demander quelle corrélation existe entre ces faits et des personnes douées de certains pouvoirs. 

Quand on en parle à ces prétendus esprits forts et qu’on cherche à leur faire discerner le point de jonction entre les effets et les causes, ils nient avec emportement ou bien ils haussent les épaules. Ils ont peut-être tort. Il est toujours absurde de nier ce que l’on ne comprend pas. 

Un véritable sage voudrait d’abord se renseigner et, quand il mènerait une enquête sérieuse et prolongée sur ces maladies singulières, sur ces troubles de l’esprit subitement advenus chez des personnes saines, sur ces longues séries de contre-temps trop prolongés pour être fortuits, cet observateur honnête finirait par se demander ce qu’il y a de réel dans leur attribution à des puissances maléfiques mises en œuvre par des sorciers voués aux œuvres de l’esprit du mal. Il n’y a pas là, nécessairement, un désir de vengeance ou une idée de lucre. 

Il est des êtres qui font le mal pour le mal, soit que leur volonté dépravée les y pousse, soit qu’ils fassent partie de certains groupements dont le seul but est d’accroître la somme des désastres et des désolations dont nous pâtissons aujourd’hui. 

Ces sortes d’associations — exceptionnelles, certes, mais qui n’en existent pas moins — tiennent leurs membres dans un état de captivité et de terreur, que n’imagineraient pas ceux qui se voient bien, car le bien, pour être accompli avec utilité, doit être choisi par amour et accompli librement. Il n’en est pas de même pour le mal. Pour asservir des âmes terrifiées, les magiciens noirs se servent de leur autorité sur des êtres à demi-spirituels qui appartiennent aux éléments et sur qui ils prennent empire en se servant de rites millénaires provenant des anciennes civilisations mystérieuses qu’il serait bon d’étudier profondément avant de nier ce qui en reste et l’efficacité de ces survivances. 

Les voyageurs qui ont parcouru lentement, en étudiant les mœurs et les coutumes, soit l’Asie, soit l’Afrique, soit les Antilles et le Mexique, savent qu’il se produit là des phénomènes bizarres dont personne ne doute qu’ils proviennent de sorciers instruits en certains rites, rites qui leur confèrent des pouvoirs étendus. Cette atmosphère spéciale, milieu dangereux et sombre pour ceux-même qui s’en servent, est celui des larves, des fantômes et des ténébreux esprits. Il est très rare que celui qui s’en fait obéir conserve jusqu’à la fin ce pouvoir prestigieux et qu’il ne rencontre jamais un être plus averti qui lui retourne ses maléfices. Cela est vrai. Mais en attendant ce retour de la justice immanente, il a commis des actes épouvantables. Nous savons qu’il est dans nos campagnes des êtres qui pratiquent l’envoûtement et le sortilège à l’égard des humains et des bestiaux, mais les magies exotiques sont infiniment plus puissantes. 

Le fond de cet art occulte tient à la connaissance des esprits de la Nature dont nous ne voulons plus faire état, tandis que les tenants des anciennes civilisations savaient parfaitement qu’il n’est point d’être qui ne soit en possession, non d’une âme telle que l’âme humaine, consciente et responsable, mais d’une force personnelle qui, dans certaines conditions données, peut manifester une certaine puissance, puissance sur laquelle la volonté humaine peut exercer son empire, si l’homme a reçu l’initiation spéciale qui lui permet de commander à ces forces dans les limites qui leur ont été attribuées. 

C’est suivant cette force intérieure que les objets sont, par eux-mêmes, maléfiques ou bénéfiques et, à en croire ces traditions, les objets doués d’une grande longévité, d’un calme personnel imposant sont en état de nous fournir des éléments de bonheur et de santé. L’esprit des animaux et des plantes de courte durée est soumis à de grandes fluctuations, aussi ne pouvons-nous pas leur accorder une grande confiance. Mais l’arbre, qui peut vivre pendant plusieurs siècles, est un ancêtre magnifique dont la force peut nous être communiquée, et la montagne immuable est une sorte de divinité, car sa radiation ne change pas et nous pouvons nous appuyer sur elle. En dehors de ces énergies comparables au Ka de l’initiation osirienne, il est des esprits errants entre ciel et terre, forces qui ont leur personnalité et qui peuvent, s’ils le veulent, se montrer propices ou hostiles. La tradition veut que certains objets, certaines formules, certains rites puissent les amener à agir dans le sens que nous désirons, mais ils ont aussi leurs préférences et on ne peut leur commander ou leur demander que des activités dans la série qui leur est propre. On peut demander à un esprit du feu d’occasionner un incendie ; on ne peut le faire agir sur l’eau, sinon pour l’arrêter ou la détruire. 

Il est des formes de la nuit que l’on peut envoyer causer des frayeurs extraordinaires en prenant des formes ou en faisant des bruits assez terrifiques pour que pas un cerveau ne puisse conserver son calme. Le sorcier peut aussi, par le moyen de ces puissances, capter au passage des larves à demi désincarnées et les contraindre à des actions auxquelles elles ne se livreraient pas si elles n’y étaient pas forcées. De là proviennent d’extraordinaires maladies, des troubles nerveux sans cause apparente, qui résistent à tous les traitements et découragent les médecins. De là découlent aussi des passions morbides qui mettent un homme ou une femme à la merci de celui qui les a déchaînées; cela peut conduire aussi bien au crime qu’au suicide car, une fois que le malheureux a perdu tout contrôle sur soi-même, on peut l’aiguiller comme on veut et dans le sens qu’on a choisi. 

Tous ceux qui ont vécu en Extrême-Orient savent que, pour certains crimes, le châtiment n’est pas confié au bourreau, mais que le condamné est enfermé, tout seul, dans un petit édifice spécial. Le chef du district et le sorcier de l’endroit veillent à ce qu’il soit ligoté strictement et qu’on ne lui laisse d’autre vêtement qu’une ceinture autour des reins. La cabane est alors fermée à clé et quatre soldats indigènes sont de garde aux angles toute la nuit. Avant de quitter la place, le sorcier fait quelques tours, quelques signes, et prononce quelques paroles, autour et en dehors de la maison. Ce sorcier est de ceux qui ont le pouvoir d’extérioriser leur volonté et d’atteindre les gens soit par leur image, soit par leur ombre, soit par la trace de leur pas. Les rapports des administrateurs français au Laos font, fréquemment, allusion aux manifestations qu’ils provoquent. Le condamné passe toute la nuit dans la cabane où personne ne peut pénétrer. Au matin, quand on va se rendre compte de ce qui s’est passé, on le trouve mort et absolument vide de sang. M. A. de Pouvourville qui raconte ce fait dans les notes finales de la Clef de la Magie noire de Stanislas de Guaita ne veut pas donner d’explication de ce fait étrange; cependant, on peut affirmer que le condamné a reçu la visite d’une sorte de vampire qui, pour être invisible, n’en est pas moins efficace. 

C’est justement cette captation des forces errantes qui constitue la puissance de ces sorciers. On voit par l’exposé ci-dessus qu’elle est tellement reconnue que les lois s’en servent comme moyen de coercition ; mais, en bien d’autres cas, des phénomènes du même ordre se produisent en-dehors de tout contrôle légal et c’est là que commence le véritable danger. Que peut, en effet, un être bon, simple, doué des meilleures qualités, mais peu au courant de ces existences invisibles et des procédés dont il faut user pour se les asservir ? Sa perte une fois décidée est aussi certaine que si elle était consommée d’avance. Il n’y a de recours pour celui qui est en butte à des magiciens noirs si bien armés pour la lutte que dans son affiliation à une société plus puissante et qui, dirigeant ses efforts vers le bien, est soutenue par toutes les énergies auxquelles les Forces spirituelles donnent leur lumineux appui. De la sorte, le malheureux se trouve entouré et soutenu par une grande colonne de vibrations pures qui le défendent et l’isolent de toute force impure et mauvaise. 

En ce qui nous concerne personnellement, nous avons connu et guéri bien des cas de cet ordre et nous savons quels sont les forts et les faibles de ces actions abominables. Nous savons que l’on peut rendre un homme ou une femme absolu-ment dépendants de ceux qui le veulent et accomplissent les rites maudits. Il nous semble que le cœur devrait manquer à ceux qui pratiquent de si abominables choses. Il n’en est rien. Ils se sont fait une forme de religion satanique et ils voient, dans les crimes commis par eux, une sorte de sacrifice offert à leur démon divinisé. On ne doit pas attendre d’eux ni repentir ni clémence. Ils regarderaient ces sentiments, si on se hasardait à leur en parler, comme de ridicules et coupables faiblesses. 

Il est, au Centre-Afrique, des centres magiques où la lycanthropie, le change¬ment d’un être humain en animal, généralement en panthère, est d’une pratique constante. Pour entrer dans ces sociétés, il faut non seulement participer au sacrifice humain et au repas cannibalique qui suit le sacrifice, il importe que l’impétrant ait offert un membre de sa famille pour ce sacrifice et pour ce festin. On comprend, par ce seul fait, que ceux qui acceptent de telles lois se placent en dehors de tous les sentiments humains et qu’il n’y a rien à espérer pour ceux qui tombent entre leurs griffes. Le mal est leur délectation et si, depuis que les nations européennes ont essayé d’apporter quelque lumière dans ces rites ténébreux, il n’est que trop certain que les procédés occultes ont remplacé la force ouverte et que, si les crimes sont un peu moins fréquents, ils sont à peu près toujours impunis. Il reste donc à se placer en-dehors et au-dessus des actions possibles de ces sectes abominables. 

Un homme isolé ne peut pas grand chose, à moins d’être un initié, contre ceux qui se servent de tels procédés. Aussi est-il bon et utile d’adhérer à une société initiatique dirigée par des adeptes qui savent et qui se mettent au service de ceux qui souffrent pour les arracher à l’emprise de la douleur et du mal. C’est ce que nous avons souhaité en formant l’Ordre eudiaque. Nous y avons réuni, dans un enseignement inspiré et longuement médité, un ensemble de chercheurs et d’adeptes qui, tout de suite, ont réuni leurs efforts pour guérir, soulager, soutenir tous ceux qui sont en proie au Mal sous quelque forme que ce soit. Leur premier soin, sous notre direction, a été de constituer une âme groupe qui centuple les énergies accumulées et nous permet des actions qu’aucun de nous ne pourrait accomplir par ses propres moyens. Car cette formule a l’avantage de se dresser avec une force merveilleuse jusqu’au plan des Forces spirituelles et d’obtenir d’elles des moyens d’action qui sont véritablement souverains et qui nous permettent de lutter contre toutes les forces de l’ombre avec l’éternelle force par qui l’ombre et le mal ont toujours été vaincus, l’éternelle force de la lumière. 

Par les Forces spirituelles nous la demandons et, grâce à elles, elle ne nous a jamais été refusée pour la réalisation des œuvres de guérison, d’apaisement et de bonté.

Henri Durville"

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